An 2

Janvier

Déjà six mois de vie professionnelle. Chaque jour, j’en apprends un peu plus sur la vie en entreprise et mon travail en lui-même.

On me fait confiance, je monte sur des projets de plus en plus importants. Les premières soirées pizza/code/client pas content arrivent. Je découvre de nouveaux langages. PHP me voilà !

La vie au foyer se passe. Je prends mes marques tranquillement et apprends à connaître mes condisciples d’infortune. Et pourtant… Malgré tout ce que je pense de l’endroit, malgré le rude hiver passé dans ma carrée, je ne suis pas encore décidé à me trouver mon nid. Le cadeau de Noël en forme de télévision de mes parents y est pour beaucoup. Je me gave de cassettes puis de DVD. J’accumule les livres. Je suis une routine presque rassurante.

Ah les joies de la vie parisienne… Je fais plus que régulièrement mon touriste de base et m’évade les week-end en musées et cinémas.

Avril

C’est décidé, je me casse ! Même si les prix que je vois indiqués dans les pelures de la boîte aux lettres ne présagent rien de bon, je me lance.

Premières désillusions, je m’étouffe en voyant ce qui est proposé. Je me demande comment certains peuvent demander autant pour des taudis en fond de cour sans aucune lumière directe. Un soupçon de découragement me prend. Mais je sais qu’il faut que je parte. Même si cela doit prendre six mois.

Le travail suit son cours. Je sors ma première application totalement codée de mes dix doigts. Le client semble plus que content. En voyant le site live, je me demande comment j’ai pu faire quelque chose comme cela pour une si prestigieuse composante de l’administration française.

Je sors. Beaucoup. Trop. Mon univers s’étend fortement. Et les bouges de cinq heures du matin commencent à me connaître. Mauvais.

Juillet

Les vacances. J’aurai aimé partir loin, seul. Les finances ne sont pas d’accord. Ce seront deux semaines chez les parents. Un bol d’air depuis douze mois. Je profite.

Mutation. Je me retrouve beaucoup plus prêt de mon lieu de résidence, mais plus loin de la zone où je cherche. Tant pis, je sais où je veux aller vivre, je m’en accommoderai.

Novembre

Enfin !

J’ai trouvé mon nouveau chez-moi. L’excitation me fait faire des erreurs financières. Elles me suivront quelques temps. Je redécouvre la joie des déménagements. Je ne pensais pas avoir autant accumulé dans 9m²…

Même si je suis heureux d’avoir trouvé et que l’appartement est assez rempli pour que je dorme dedans dès le premier soir, je dois avouer que je suis resté au foyer. Ce sera pour la deuxième nuit.

Décembre

Les rumeurs de rachat de ma société s’amplifient. Je ne sais pas trop quoi penser de cela, je me sens un peu déconnecté.

Je profite de mon nid. Et cadeau de Noël, j’achète enfin mon ordinateur. L’accès internet viendra plus tard. En attendant, jouons.

C’est difficile

Malgré tous les préparatifs et toutes les répétitions que j’avais pu faire, cela l’a été difficile.

J’en ressors avec moins d’assurance que je n’en avais au départ. Coup de blues de mi-parcours.

Mais, grace à lui, je retrouver le sourire. Alors que le sujet original n’était pas du tout en accord.

An 1

En moins d'un mois, je me suis retrouvé à, dans l'ordre, me chercher un travail, un appart et calmer la famille...

Ce soir-là fut assez douloureux: par téléphone, mes parents m'apprennent mes notes. L'école d'ingénieurs s'éloigne définitivement et je me dois de prendre une décision. Rentrons dans le monde du travail, me suis-je dit.

Grâce à un ami, je décroche rapidement un entretien dans une petite société qui fait dans l'hébergement Internet et qui cherche des développeurs débutants. Ayant déjà baigné dans le domaine, je me lance et décroche le job. Une chose de faite.

Par le même ami, j'arrive à chope une chambre dans un foyer de jeunes travailleurs pas trop loin du travail. Même si je connais de réputation ce genre d'endroit, je me dis que j'y resterai quelques mois au plus et que je me trouverai un appart' rapidement. La suite me fera déchanter.

Quinze juillet deux mille.

Dans un silence pesant, mes parents m'emmènent à Paris. Je revois encore les estrades des Champs Elysées en cours de démontage alors que nous nous dirigeons vers le foyer. La première vue du lieu me fait déchanter. Versailles est une belle ville, mais certains quartiers méritent de rester dans l'ombre, et le foyer est en plein dedans.
Je me retrouve dans mes 9m² et me prépare à partir le lendemain pour mon premier jour.

Dix-sept juillet deux mille.

9 heures du matin, 3 cafés bus aux comptoirs et me voilà à l'accueil de la société. L'assistante sent bien que je suis nerveux et fait tout pour me mettre en confiance. Malgré sa gentillesse, je n'en mène pas large. J'en suis même à me demander si je n'ai pas fait une réelle bêtise.

Six mois plus tard.

je suis rentré dans le moule. Métro, boulot, dodo. Je suis devenu un de ces anonymes qui hantent par milliers les rues de Paris. Je retrouve un peu de chaleur humaine le soir en rentrant au foyer et en retrouvant les amis que je me suis fait. Je me regarde dans la glace et regarde le corps délesté de 20 kilos qui est dorénavant le mien. La transformation fut autant physique que mentale. Le cynisme qui m'habite en permanence me permet de ne pas pleurer le soir dans mon lit mais je m'endors régulièrement la gorge serrée tout en serrant mes peluches.

La recherche d'un appartement est passée au second plan. Je recolle les morceaux du mieux que je peux et ma petite pièce se remplit doucement. En parallèle, je démarre une vie online qui ne s’est jamais arrêtée depuis.

Le nouveau millénaire arrive et me découvre installé. Mais avec un sale goût amer dans la bouche.

Hop

Ca y est, la migration est terminée.

la peinture est encore fraîche, et vous ne verrez certainement pas grand chose si ce n'est le passage au français...

Il reste encore plusieurs petits trucs à rajouter/optimiser, mais je suis content du truc au final

Tableaux

Avec ce qui va m'arriver d'ici quelques mois, je ressens dès à présent le besoin de mettre sur papier/ordinateur un historique de ce qui est déjà arrivé.

Attendez-vous donc à plusieurs billets probablement indigestes sur un sujet totalement personnel. C'est bien un weblog ici non?