Roadie

Rouler à en perdre haleine, rouler comme si le pôle était la destination finale.

Malgré la pluie, malgré le froid et la nuit, j'ai roulé. J'ai pris mes rollers, le nécessaire et mes pensées. Au fur et à mesure que le bitume se déroulait sous moi, je me sentais de plus en plus léger, de plus en plus libre.

Croiser ces étrangers qui te regardent avec admiration. Croiser ces voitures et leurs histoires. Je m'en fiche, j'avance. Gauche, droite, un scooter, monter, descendre, la voie de bus est libre. Cette sensation de liberté dans la ville qui te fait accélérer, plus aucune contrainte.

Le temps n'a plus d'effet. Je suis perdu dans une dimension où moi seul bouge.

Je ne sentais plus la fatigue, enivré par cette course folle. Plus rien ne m'importait que de humer le vent de ma chevauchée.

Une pause au coin d'une rue, un thé pris au comptoir d'un troquet recroquevillé sur lui-même pour conserver son ambiance et sa chaleur. Repartir.

Revenir vers le point de départ. Il a bien fallu que je le fasse, mon corps le demandait. Aurais-je pu continuer toute la nuit, je l'aurais fait, continuer à avancer dans cet univers qui n'appartient qu'à moi. Continuer sur cette voie qui est la meilleure que je connais.

Rouler.


 
 
 

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