Niémen
Le temps se dégageait. La journée promettait d'être belle.
La campagne lituanienne se réveillait à l'arrivée de l'été.
L'escadrille Normandie se préparait déjà à décoller. Mécanos, pilotes, tous sentaient que la bataille à venir allait être dure. Les russes eux-mêmes étaient silencieux. Hier soir si joyeux, ils arboraient tous des visages graves.
Un simple fleuve. D'après les rapports reçus de l'ouest, les alliés en avaient pris des dizaines depuis le débarquement. Il en allait de l'honneur de la Mère patrie d'en prendre un.
[...]
Le brouillard rendait le paysage indistinct. Heureusement, l'escadrille n'aurait plus pu voir ses objectifs.
Tout le monde riait de la victoire: enfin le fleuve de Niémen était sous contrôle. Mais, parmi les sourires et éclats de joie, on apercevait quelques visages sombres, la guerre avait encore pris son tribut.
Déjà, les rumeurs circulaient. Les Français avaient fait des exploits, Staline serait déjà au courant et voudrait leur décerner le titre de héros de l'Union Soviétique. Mais ceux-ci n'y pensaient pas. Leurs esprits étaient toujours tournés vers la terre natale, le pays chéri.


7 juin 2004 @ 23:51
Texte librement inspiré de cette histoire.
8 juin 2004 @ 12:09
Pas mal comme post, c'est littéraire, j'aime beaucoup...