Histoire de...
Je pourrais vous parler pendant des heures d'une personne que je connais.
Quelqu'un que je cotoie depuis si longtemps que j'en suis presque à entendre ses pensées.
Une vie étrange qu'il a vécu. En surface, une vie bien remplie: des aventures, des trips, une ribambelle de connaissances croisées dans un nombre incalculable de lieux. Mais que l'on gratte un peu et vous voilà aspirés par un gouffre béant. Ce n'est pas qu'il a eu une enfance difficile, non. Comme tout le monde, il a eu ses périodes de rebellion, ses périodes fleur bleue. Comme tout le monde, il a fait des bêtises plus ou moins grosses, avec plus ou moins de conséquences.
Il avoue lui-même qu'il en fait trop. Il avoue lui-même le paradoxe de connaître sa maladie mais de s'y complaire. Il avoue lui-même qu'il n'a pas le courage d'avancer.
Alors il fait comme beaucoup d'entre nous, il se réfugie dans son monde. Rêves, musiques, lectures, il s'entoure d'objets inanimés pour se donner l'impression d'exister. Il mesure le vide qu'il est devenu et essaie de se trouver une identité en se regardant au travers des autres.
Enfin, il a admis qu'il ne pouvait évoluer tout seul dans son coin. Il a confessé son mal-être. Quelqu'un l'aurait-il mis au pied du mur? Quelqu'un lui aurait-il mis le pied à l'étrier pour se motiver? Impossible de le savoir.
Il a l'air prêt. Il a l'air décidé à déclarer ce qu'il pense. Je ne peux vous dire s'il réussira dans sa tâche. A mon avis, elle est immense et il ne se rend pas compte de ce qui l'attend.
Et, en attendant le grand soir, il est là, par dessus mon épaule. Il m'épie et sourit en me regardant taper sur ce clavier. Je sais qu'il y arrivera.


14 janvier 2005 @ 00:43
Ca fait mal ca :(