An 1
En moins d'un mois, je me suis retrouvé à, dans l'ordre, me chercher un travail, un appart et calmer la famille...
Ce soir-là fut assez douloureux: par téléphone, mes parents m'apprennent mes notes. L'école d'ingénieurs s'éloigne définitivement et je me dois de prendre une décision. Rentrons dans le monde du travail, me suis-je dit.
Grâce à un ami, je décroche rapidement un entretien dans une petite société qui fait dans l'hébergement Internet et qui cherche des développeurs débutants. Ayant déjà baigné dans le domaine, je me lance et décroche le job. Une chose de faite.
Par le même ami, j'arrive à chope une chambre dans un foyer de jeunes travailleurs pas trop loin du travail. Même si je connais de réputation ce genre d'endroit, je me dis que j'y resterai quelques mois au plus et que je me trouverai un appart' rapidement. La suite me fera déchanter.
Quinze juillet deux mille.
Dans un silence pesant, mes parents m'emmènent à Paris. Je revois encore les estrades des Champs Elysées en cours de démontage alors que nous nous dirigeons vers le foyer. La première vue du lieu me fait déchanter. Versailles est une belle ville, mais certains quartiers méritent de rester dans l'ombre, et le foyer est en plein dedans.
Je me retrouve dans mes 9m² et me prépare à partir le lendemain pour mon premier jour.
Dix-sept juillet deux mille.
9 heures du matin, 3 cafés bus aux comptoirs et me voilà à l'accueil de la société. L'assistante sent bien que je suis nerveux et fait tout pour me mettre en confiance. Malgré sa gentillesse, je n'en mène pas large. J'en suis même à me demander si je n'ai pas fait une réelle bêtise.
Six mois plus tard.
je suis rentré dans le moule. Métro, boulot, dodo. Je suis devenu un de ces anonymes qui hantent par milliers les rues de Paris. Je retrouve un peu de chaleur humaine le soir en rentrant au foyer et en retrouvant les amis que je me suis fait. Je me regarde dans la glace et regarde le corps délesté de 20 kilos qui est dorénavant le mien. La transformation fut autant physique que mentale. Le cynisme qui m'habite en permanence me permet de ne pas pleurer le soir dans mon lit mais je m'endors régulièrement la gorge serrée tout en serrant mes peluches.
La recherche d'un appartement est passée au second plan. Je recolle les morceaux du mieux que je peux et ma petite pièce se remplit doucement. En parallèle, je démarre une vie online qui ne s’est jamais arrêtée depuis.
Le nouveau millénaire arrive et me découvre installé. Mais avec un sale goût amer dans la bouche.


5 août 2008 @ 15:48
Je sais maintenant pourquoi j'ai attendu pendant 5 ans, venant lire patiemment chaque post de ton blog.