Clairvoyance du désespoir

Saturation. Ou comment résumer un quotidien qui n'en finit plus de s'allonger.

Non que j'en ai marre. Je suis trop accro pour lacher si facilement. Mais de me rendre compte que j'ai dû laisser beaucoup de choses sur le bas-côté pour çà.

J'en suis rendu à me détester pour le comportement que je peux avoir vis-à-vis des personnes auxquelles je tiens. Ce n'est pas à eux de supporter le zombie que je suis devenu. Ce n'est pas à eux de se plier à mes humeurs, mes douleurs.

J'ai mis un pied dans cet engrenage. J'en sors, mais tout doucement.

Nocturne

A l'heure où la ville dort, à l'heure où Morphée exécute vaillament son travail, tu ne dors pas.

Tes préoccupations te servent de couverture et te tiennent trop chaud. Tu ne sais quel est le moyen de te rasséréner. Tu couches des mots sur le papier pour te vider la tête, évacuer ce trop-plein.

Ta cigarette au coin de la bouche, ton visage éclairé par la lumière blafarde de ton écran, tu transposes cette prose.

Parce qu'il fallait le dire

  • Huygens est arrivé sur Titan. On peut entendre les sons d'outre-espace.
  • Le bouc a ses avantages comme ses inconvénients. Ca me plait ainsi qu'à elle. Mais il gratte aux moments les plus inopportuns.
  • Cela fait un an tout pile que je suis sur mon projet. J'ai l'impression que cela en fait 10.
  • Et si j'arrêtais de fumer?

Sybillin

Il n'y a pas de hasard. Il n'y a que ce qui doit arriver et qui, à cause de nous, arrive ou n'arrive pas.
Michel Chevrier

Ne plus me poser de questions qui n'auront jamais de réponse. Plutôt poser les bonnes questions.
Retrouver mon propre chemin et être en paix avec moi-même.
Tenter de croire ce que l'on peut me dire. Mais jamais aveuglément.

Histoire de...

Je pourrais vous parler pendant des heures d'une personne que je connais.

Quelqu'un que je cotoie depuis si longtemps que j'en suis presque à entendre ses pensées.

Une vie étrange qu'il a vécu. En surface, une vie bien remplie: des aventures, des trips, une ribambelle de connaissances croisées dans un nombre incalculable de lieux. Mais que l'on gratte un peu et vous voilà aspirés par un gouffre béant. Ce n'est pas qu'il a eu une enfance difficile, non. Comme tout le monde, il a eu ses périodes de rebellion, ses périodes fleur bleue. Comme tout le monde, il a fait des bêtises plus ou moins grosses, avec plus ou moins de conséquences.
Il avoue lui-même qu'il en fait trop. Il avoue lui-même le paradoxe de connaître sa maladie mais de s'y complaire. Il avoue lui-même qu'il n'a pas le courage d'avancer.

Alors il fait comme beaucoup d'entre nous, il se réfugie dans son monde. Rêves, musiques, lectures, il s'entoure d'objets inanimés pour se donner l'impression d'exister. Il mesure le vide qu'il est devenu et essaie de se trouver une identité en se regardant au travers des autres.

Enfin, il a admis qu'il ne pouvait évoluer tout seul dans son coin. Il a confessé son mal-être. Quelqu'un l'aurait-il mis au pied du mur? Quelqu'un lui aurait-il mis le pied à l'étrier pour se motiver? Impossible de le savoir.
Il a l'air prêt. Il a l'air décidé à déclarer ce qu'il pense. Je ne peux vous dire s'il réussira dans sa tâche. A mon avis, elle est immense et il ne se rend pas compte de ce qui l'attend.

Et, en attendant le grand soir, il est là, par dessus mon épaule. Il m'épie et sourit en me regardant taper sur ce clavier. Je sais qu'il y arrivera.